sparsa colligo

Qui? Qui se nourrit de l'homme? Que deviennent nos joies, nos amours digérées?

Comment?

Clic.

Fête du bruit. Larsen étourdissant. Tourbillon d’images.

… Le mariage qui s’ouvre, la guerre qui s’étire, les lasagnes qui galopent, le pape qui freine, le chômeur qui flambe, l’athlète qui bascule, l’économie qui renâcle …

L’information se multiplie, se précipite, s’auto-harcèle comme un bouillon qui buzz en rond.

Comment tenir, observer, se souvenir?

Comment tout entendre, tout analyser, tout comprendre?

J’ai mon journal, ma radio, ma télé, mon smartphone, mon ordi, ma boulangère et la machine à café du boulot ; tous les jours, partout.

Comment dénicher l’essentiel, tisser les liens, construire un sens?

Si je tricote je perds le fil, alors il faut choisir.

Stop.

Attendre.

Manger, dormir.

Ouvrir un livre.

Parler, discuter, réfléchir. Aimer. Vivre.

Voir ce que mes racines, choyées, laisseront pousser puis fleurir pour le meilleur et pour le pire.

D’ici là, je fais le vœux d’une conscience.

Agnostique, je rêve de l’Esprit.

Sachant que je ne sais rien, je prie pour ma liberté.

Clic.

Question sur un renoncement

En ce lundi 11 février 2013, la décision historique de Benoît XVI de renoncer à sa fonction de garant de l’unité de l’Eglise catholique romaine a pris de court le monde entier, y compris certains parmi ses plus proches collaborateurs. L’évènement est passé en boucle sur les chaînes d’information et il fallait bien au moins un nouvel essai nucléaire nord-coréen pour le déloger de la une de nos médias.

Je ne reviendrai pas sur le bilan de Benoît XVI, je n’en ai pas la légitimité n’étant pas croyant. Je crois cependant savoir que les catholiques, dans leur majorité, sont satisfaits de ce qu’il a accompli malgré un accueil, il y a 8 ans, qu’un euphémisme qualifierait de froid. Entre l’héritage de Jean-Paul II, pape populaire et admiré parfois même au-delà des cercles religieux, ayant tenu sa fonction jusqu’au bout de ses forces et de sa vie, et les révélations sur son passé dans les jeunesses hitlériennes, Joseph Ratzinger partait de loin. Ses diverses prises de positions, notamment sur la question des actes de pédophilies commis par des hommes d’église, ont su rassembler les catholiques ; ce n’est pas rien.

La surprise et la précipitation dans lesquelles a été traité ce renoncement ont laissé de côté, me semble-t-il, l’analyse du geste lui-même et de ses conséquences possibles à moyen ou long terme pour l’Eglise dans son ensemble et pour ses positions sur divers sujet. Il s’agit tout de même du guide spirituel de plus d’un milliard d’êtres humains, d’un chef d’état, qui prend une décision inédite depuis plus d’un demi-millénaire ; ça ne peut pas être simplement une surprenant et anodine transition.

Pour ma part je m’interroge sur ce qui m’apparaît comme une rupture voire une incohérence. Pour les catholiques de 2013, Pape, pardonnez-moi l’expression, c’est ce qui se fait de mieux après Messie. Cela ne peut pas se résumer à une simple fonction, à un mandat à effectuer entre deux dates. Lors des derniers jours de Jean-Paul II, je me souviens avoir trouvé sa détermination dans la souffrance, son non renoncement, en parfaite cohérence non seulement avec la foi catholique en Jésus Christ, mais aussi avec la position de l’Eglise sur l’euthanasie. Jean-Paul II aura montré l’exemple de l’homme qui, porté par sa foi, ne renonce pas à sa vie comme celui du guide qui ne renonce pas à ses responsabilités.

Aujourd’hui le renoncement de Benoît XVI, dans cette perspective, me semble incohérent et je ne serais pas surpris qu’il laisse plus d’un catholique perplexe. « Je ne me sens plus capable donc j’abandonne », pour résumer ses dires. Je pense sincèrement que cette décision fut la plus difficile à prendre de sa vie, mais le fait est finalement que le matériel, le pragmatisme, la logistique ou encore – surtout – la politique y ont pris le pas sur le spirituel. C’est une décision dénuée de foi. Or, si le Pape lui-même, en tant que Pape, ne va pas au bout de sa démarche spirituelle, jusqu’à la mort, comment l’Eglise peut-elle l’exiger de ses fidèles?

Le discours pour tous

Je voulais démarrer ce blog sur une note positive. Sur une de ces nouvelles qui rassemblent, qui intègrent, qui libèrent, qui rendent justice, qui fraternisent…

Le projet de loi (un peu trop facilement) intitulé « Mariage pour tous » est de celles-ci puisque la France s’engage ainsi à ouvrir ce qu’elle a de plus fondamental socialement à tous ses citoyens.

Merci à Mme Taubira comme à tous ceux qui défendent sereinement et patiemment ce projet de loi. Je ne suis pas directement concerné, mais cette intervention, claire, juste, émouvante, ouvrant le débat – car il y en a bien un! – qui agitera la représentation nationale jusqu’au 12 février, est de celles qui rendent le citoyen que je suis fier de vivre un moment historiquement progressiste.

C’est un sentiment suffisamment rare par les temps qui courent dans notre pays pour ne pas le savourer.

Ignition

«Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite.»
Henry Ford

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